Interview de Gilles Cojan, président du conseil d’administration d’Elior Group

Poursuivre le développement international et la transformation engagée

Quel bilan tirez-vous de l’activité du Groupe sur l’exercice écoulé ?

Gilles Cojan

Cet exercice a permis d’accélérer la dynamique de croissance initiée en 2015-2016, avec un chiffre d’affaires en progression de 8,9% et qui dépasse pour la première fois les 6 milliards d’euros. La part des activités internationales atteint 56% du chiffre d’affaires global, et les États-Unis sont désormais le deuxième pays du Groupe en chiffre d’affaires. La performance opérationnelle est dans l’ensemble très satisfaisante, même si certaines divisions n’ont pas atteint les objectifs ambitieux qui leur étaient assignés. L’objectif de croissance significative du résultat net par action ajusté n’a donc pas été réalisé. La combinaison d’un effet calendaire préjudiciable à nos activités de restauration collective et d’un accroissement très significatif des coûts engagés pour la transformation informatique et digitale du Groupe en sont les causes principales.

Quelle a été l’évolution de l’actionnariat du Groupe ?

L’actionnariat à long terme du Groupe a été consolidé et représente désormais plus de 44% du capital avec BIM (23,1%), Emesa (9,9%), la Caisse de dépôt et placement du Québec (6,5%) et l’entrée du Fonds Stratégique de Participations pour 5,0%.

La gouvernance d’Elior Group a été modifiée au cours de l’été. À quelles fins ?

Le conseil d’administration a décidé d’adopter une structure de gouvernance dissociée, pour se mettre en conformité avec les meilleures pratiques actuelles. L’ambitieux plan de développement d’Elior Group demande au président de consacrer un temps important à la gouvernance des comités et du conseil, ce qui n’est pas compatible avec l’exercice simultané de la fonction de directeur général d’un leader mondial. Cette modification permettra à la gouvernance du Groupe d’être plus efficace. Nous avons ensuite choisi un nouveau directeur général, Philippe Guillemot, dont les qualités managériales, la grande expérience et le leadership incontestable lui permettront de poursuivre le développement international ainsi que la transformation engagée pour apporter toujours plus de services et de valeur ajoutée aux clients et convives, accélérer la digitalisation et renforcer la compétitivité du Groupe.

Comment voyez-vous le futur d’Elior Group ?

Le Groupe anticipe une nouvelle année de croissance en 2017- 2018, avec une croissance organique d’au moins 3%, l’effet périmètre induit par les acquisitions réalisées à date devant apporter une croissance supplémentaire supérieure à 2% du chiffre d’affaires. Nous prévoyons une stabilité du taux de marge d’Ebitda retraité à périmètre et taux de change constants, assortie d’une légère progression du résultat net par action ajusté. Le renforcement de la part des activités internationales sera poursuivi, notamment aux États-Unis, pays où notre croissance organique est aujourd’hui la plus soutenue. Nos efforts de productivité seront bien sûr prolongés, et nous prévoyons d’en faire bénéficier pour partie nos clients, comme ces dernières années. Par ailleurs, le Groupe étant l’un des leaders mondiaux de la restauration et des services, il se doit de montrer la voie. Cet objectif passe notamment par la mise en œuvre du Positive Foodprint Plan, stratégie RSE qui vise à laisser une empreinte alimentaire positive avant 2025. La responsabilité sociale et sociétale de l’entreprise est désormais étroitement liée à sa réussite et à celle de ses équipes. J’ai toute confiance en elles pour faire bon usage de ce nouveau levier stratégique afin de garantir un développement durable pour Elior Group.